Le
contrat de tutorat est un instrument de création récente (loi du 2 août
2005)
qui facilite la transmission d’entreprise lors du départ à la retraite
du chef
d’entreprise.
Il
s’adresse spécifiquement aux chefs d’entreprise souhaitant céder leur
société à
l’occasion d’un départ à la retraite et aménager une période de
transition
destinée à passer la main au repreneur et lui transmettre l’expérience
acquise.
Le principe est que le chef d’entreprise signe une convention avec le
repreneur
selon laquelle il s’engage à réaliser une prestation temporaire de
tutorat, qui
peut être gracieuse ou rémunérée. Lorsque cette convention est conclue,
une
prime de transmission à la charge de l’Etat peut être attribuée au
tuteur.
Convention
de tutorat
Personnes
concernées
L’article
L 129-1 du code de commerce prévoit que la conclusion d’une convention
de
tutorat ne peut intervenir qu’après la cession de l’entreprise et la
liquidation des droits à la retraite du cédant.
Deux
conditions doivent donc être remplies : avoir liquidé ses
droits à la retraite
et avoir cédé à titre onéreux ou gratuit les parts d’une entreprise
commerciale, artisanale ou de services. Il convient de noter que les
professionnels libéraux sont exclus de ce dispositif, même s’il entre
dans les
intentions du Gouvernement de les y inclure (Rep. Ministre de
l’Economie et des
Finances n°240, JOAN Q 9 octobre 2007, p 6145).
Sont
donc visés les anciens propriétaires d’une entreprise individuelle, les
associés uniques d’EURL et les gérants majoritaires d’une société
commerciale.
NB :
il est possible de conclure une convention de tutorat tout en restant
actionnaire minoritaire d’une SARL.
NB :
la convention de tutorat doit impérativement être conclue dans les 60
jours de
la cession de l’entreprise.
Contenu
de la convention
Le
principe du contrat de tutorat étant la transmission de l’expérience
professionnelle du cédant, il conviendra avant tout de prévoir le
contenu des
obligations pesant sur le tuteur envers le repreneur :
formation au marché
spécifique sur lequel intervient l’entreprise, méthodes de vente et de
promotion employées, nature de la clientèle, relation avec les
fournisseurs…
Les modalités pratiques de l’organisation du tutorat devront être
précisées
clairement, ainsi que les moyens matériels et techniques mis à la
disposition
du tuteur pour l’exercice de sa mission. Enfin, comme pour toute
convention, il
conviendra de préciser sa durée (2mois minimum à un an maximum,
prolongations
comprises), les modalités de sa prolongation ou de sa résiliation
anticipée,
ainsi que la rémunération du tuteur et les modalités du versement de
celle-ci.
NB :
lorsque le tutorat est exercé à titre onéreux, le tuteur doit adresser
une
copie de la convention de tutorat à la caisse du régime social des
indépendants
dont il dépend.
Quelle
protection sociale pour le
tuteur ?
Deux
hypothèses sont à envisager.
Si
le tuteur est rémunéré, il peut cumuler les rémunérations perçues au
titre de
la convention de tutorat et celles perçues au titre du régime de
sécurité
sociale dont il dépendait avant la cession de l’entreprise. Il peut
donc
bénéficier de prestations de vieillesse.
L’article
D 634-13-1 du Code de la Sécurité sociale prévoit
que le cumul d’une pension de
retraite et d’une rémunération au titre d’une convention de tutorat ne
peut
intervenir que pendant une durée de six mois. Le cédant doit en outre
avoir un
âge compris entre 60 et 65 ans au moment de la cession.
L’article
D 634-13-2 du Code de la Sécurité sociale précise
que la durée du cumul ne peut
excéder celle de la convention de tutorat, c’est-à-dire 12 mois, et que
les
fractions de mois civil antérieures ou postérieures aux dates d'effet
de début
et de fin de la convention de tutorat ne sont pas prises en compte pour
l'appréciation de la période de douze mois.
Si,
en revanche, le tuteur n’est pas rémunéré, l’article L 412-8 15° du
Code de la
Sécurité sociale prévoit
qu’il bénéficie de la protection sociale en matière d’accidents du
travail et
de maladies professionnelles, à condition que l’entreprise prenne en
charge les
cotisations correspondantes. L’article L 434-16 précise que la
rémunération
servant de base au calcul de la cotisation et de la rente accident du
travail
est égale au salaire annuel pris en compte pour le calcul de la rente
allouée
en cas d’incapacité permanente.
L’affiliation
du tuteur au régime AT-MP, ainsi que le paiement de la cotisation,
incombent au
repreneur (Lettre circulaire de l’ACOSS n°2007-102 du 12 juillet 2007).
La prime
de transmission
Afin
d’inciter le maintien de l’activité des entreprises, l’Etat a prévu de
verser
au cédant d’une entreprise artisanale, commerciale ou de service une
prime de
transmission.
Pour
en bénéficier, le cédant doit justifier d’un acte de cession de son
entreprise
(ou de la majorité de ses parts sociales), d’être entré en jouissance
des
avantages de la retraite auquel il peut prétendre et d’avoir signé une
convention de tutorat.
La
demande de prime doit être faite auprès de la Caisse
du Régime social des Indépendants dont
relève le cédant, dans les trois mois suivant la date de liquidation de
la
pension de retraite, accompagnée des pièces justificatives établissant
que le
cédant remplit les conditions énoncées plus haut.
Le
montant de la prime a été fixé à 1000 euros et ne peut être versée
avant la fin
de la période de tutorat. Elle n’est pas cumulable avec l’indemnité de
départ,
et est exonérée d’impôt sur le revenu.